Si l’Education coûte trop cher, essayons l’ignorance !
Cela fait partie des thèmes récurrents : l’Education en France coûterait cher, très cher, de plus en plus cher. Pour des résultats médiocres. Il serait donc plus que temps de remédier à ce gaspillage, et d’alléger ce poids insupportable pour la nation.
Nous ne sommes pas économistes, mais nous nous sommes armés de bonne volonté, et avons tenté de trouver des chiffres fiables... et de les comprendre ! Pour tenter de faire la lumière sur ce sujet.
QUELLE EST L’ÉVOLUTION DU BUDGET DE L’EDUCATION EN FRANCE ?
Ca peut se trouver, assez facilement. Nous pensons pouvoir faire confiance aux données INSEE :
Données INSEE de 2004 à 2006
Télécharger le tableau des données de 1980 à 2006
Evolution de la dépense intérieure d’Education de 1980 à 2006 :
Graphique : 
Observations :
La dépense d’Education a presque quadruplé en vingt ans ! On est tenté de se réjouir de l’infléchissement observé à partir de 95...
Cependant, on ne voit pas dans les classes le matériel ultra-moderne, la baisse importante des effectifs de classe... ni d’ailleurs, la revalorisation insolente des traitements des enseignants, que cette augmentation peut laisser espérer...
D’où vient ce décalage entre chiffres affichés et impression sur le terrain... Ces sommes ont-elles la même valeur en 1980 et en 2006 ?
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EVOLUTION DE LA DÉPENSE INTÉRIEURE D’ÉDUCATION PAR RAPPORT À LA RICHESSE DU PAYS DE 1980 À 2006, EN EUROS CONSTANTS :
Graphique :
Source insee :
En rouge la courbe de l’évolution des dépenses en euros constants.
En bleu, à titre de comparaison, la courbe précédente, en euros "bruts".
Observations :
L’évolution de la courbe n’est pas la même lorsque les dépenses antérieures à 2006 sont recalculées en euros constants, c’est à dire en tenant compte de l’évolution de la monnaie.
On observe alors
que les dépenses liées à l’Education augmentent moins rapidement entre 1980 et 2000 : facteur 2 au lieu de trois.
qu’elles n’augmentent pratiquement plus depuis 2000.
Par ailleurs, ces chiffres sont repris par le Ministère de l’Education Nationale, qui souligne de plus :
que la part du budget de l’Education Nationale sur le budget global de l’Etat reste constante depuis 2000 et s’est stabilisée à environ 23% de celui-ci.
Source : Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : RERS 2008 p 330 : Évolution du budget de l’Éducation nationale, du budget de l’État et du PIB de 2002 à 2005
Il n’en demeure pas moins que :
121 milliards d’euros par an,
23 % du budget de l’Etat, ce n’est pas négligeable ...
C’est difficile pour le salarié moyen d’imaginer ce que ça représente effectivement...
Essayons de comparer cette somme à la richesse du pays.
Nous prendrons le PIB comme indicateur de cette richesse produite par notre pays chaque année.
Pour ceux qui brûlent de se remettre à jour sur la définition du PIB : on peut faire un petit tour, entre autre, ici
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EVOLUTION DE LA DÉPENSE INTÉRIEURE D’ÉDUCATION
PAR RAPPORT AU PIB
Graphique à partir des données insee, de 1980 à 2006 :
(Source : référence précédente)

Observations :
La courbe est claire : la part de richesse utilisée pour l’Education est en baisse depuis 1995...
Mais 6 ou 7% du PIB consacré à l’Education, est-ce que c’est beaucoup ?
Que recouvrent exactement ces dépenses ?
LA DÉPENSE INTÉRIEURE D’ÉDUCATION : DÉFINITION ET FINANCEMENTS.
Qu’est-ce que la dépense intérieure d’Education ?.
On découvre le contenu dans :
"Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche", publié par le Ministère de l’Education Nationale, déjà cité.
Tableau du Budget, coûts et financements de l’Education Nationale en France :
Source :( RERS 2008 ) p326.
Les chiffres concernent la métropole et les DOM TOM, en 2006.
Il est un peu ardu, ce tableau-là, mais instructif, pourtant...
Nous vous invitons à l’ouvrir, par un clic droit de votre souris, dans une nouvelle fenêtre, pour lire les explications en parallèle !
Trouvons d’abord dans le bandeau bleu des titres de colonnes des deux tableaux, ce que recouvre la dépense intérieure d’Education.
La dépense intérieure d’Education inclut d’abord la dépense intérieure d’Enseignement :
(Les appellations se ressemblent, mais il faut les distinguer : la dépense d’Education, c’est plus large que la dépense d’enseignement.)
Cette dépense intérieure d’Enseignement comprend :
L’enseignement scolaire : primaire, secondaire, universitaire...
Mais également l’enseignement extra scolaire : formation continue et autres stages, leçons particulières, cours du soir, formations dispensées dans les conservatoires municipaux… Les conservatoires ? les leçons particulières ? Tiens donc...
Par ailleurs, la dépense intérieure d’Education recouvre également :
L’administration générale,
Les dépenses de cantine, d’internat, et autres activités annexes (à trouver en bas du tableau : médecine scolaire et orientation.)
Mais aussi :
Les transports scolaires,
Les fournitures et manuels scolaires, habillement et leçons particulières (bien qu’ils soient en grande partie pris en charge pas les ménages... On a oublié de compter les petits déjeuners et les goûter des écoliers...)
La rémunération des personnels en formation continue. Ca, normalement, ça devrait baisser...
On retrouve bien, en bas à droite, un cumul de toutes ces dépenses qui correspond aux 121 milliards d’euros qui nous avaient alertés...
Nous ne nous attendions ce que ce budget comprenne les leçons particulières, ou l’habillement des élèves dans ces dépenses ! Après tout pourquoi pas ? Simple manque d’imagination...
Bon... Pour essayer de prendre quelques repères :
Dans la dépense intérieure d’Education, en 2006 :
la part de l’Etat correspond à un total de 71,9 Milliards d’euros,
-
- soit 59,6 % de la dépense totale d’Education.
la part de l’Education Nationale est de 65,9 Milliards d’euros de ces 71,9 Milliards d’euros,
-
- soit un peu plus de la moitié (54,4 %) de la dépense totale d’Education.
Graphique représentant la part du financement de l’Education Nationale dans les dépenses totales d’Education.
Données : ( RERS 2008 ) p326.
Cependant, dans ce budget de l’Education Nationale,
si on ne prend en compte que les dépenses d’enseignement scolaire et supérieur, (en excluant l’enseignement extra-scolaire) on obtient une dépense de 58 Milliards d’euros ... moins de la moitié des 121 Milliards d’euros de la dépense intérieure totale d’Education.
Mais est-ce que la France ne dépense pas tout de même plus que les autres pays du monde ? La baisse observée serait un juste retour à la norme, après des années de "gaspillage"...
Comparons donc ces chiffres avec ceux des autres pays.
DEPENSE D’EDUCATION EN % DU PIB :
COMPARAISON DE LA FRANCE AVEC D’AUTRES PAYS.
Dépenses annuelles d’Education par élève/étudiant par rapport au PIB par habitant au titre des établissements d’enseignement publics et privés.
Source des données utilisées pour le graphique ci-dessous : Eurostat
Sur les 29 pays étudiés, et pour rendre le graphique plus lisible, nous avons sélectionné les pays de PIB et de taille comparable à la France... On peut se reporter au site Eurostat pour le tableau complet des données. :

Légendes :s :
traits épais bleus : dépense de la France en % du PIB.
traits épais verts : dépense moyenne des pays étudiés.
Observations :
Nous remarquons que :
les dépenses d’Education de la France restent très proches de la moyenne des pays étudiés : environ un point d’écart depuis 2000, et qu’elles sont égales à cette moyenne en 2005.
la dépense aux Etats-Unis est bien supérieure à cette moyenne. Un système presque entièrement privatisé n’est pas moins coûteux... pour une répartition sans doute moins égalitaire.
les politiques des pays en matière d’Education présentent une certaine variété :
-
- En 2001 et 2002, le Japon, la Suède, l’Allemagne, la Finlande, l’Espagne, La Norvège, les Pays Bas, le Royaume Uni, la Grèce et l’Irlande ont accru sensiblement les dépenses d’Education, alors que la France, sans être parmi les plus dépensiers, en stabilisait le volume.
- Depuis 2003, cette tendance à investir dans l’Education ralentit en moyenne, ou s’inverse. Sauf pour la Grèce et l’Irlande qui semblent vouloir combler un certain retard, et l’Espagne, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche, qui persistent dans une volonté de progression des financement.
Au final, le budget des dépenses d’Education de la France n’est pas en décalage par rapport à la moyenne des pays étudiés. Son budget en la matière fait partie de ceux qui régressent le plus sensiblement.
ET L’AVENIR ?
Projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2009 à 2012.
Dépenses programmées au titre de l’enseignement scolaire. :
Source : le site du sénat :
| 2009 | 2010 | 2011 | |
| dépenses en Milliards d’euros | 60,01 | 61,67 | 62,95 |
Bien sûr, en appliquant à nouveau la correction en euros constants, l’augmentation de ces chiffres est sans doute supprimée.
Cependant, il n’est pas sûr qu’en ces temps de crise, la part de cette dépense ne corresponde pas à un pourcentage plus important du PIB...
On n’est pas loin de valider finalement ce projet pour son réalisme. On ne voudrait pas non plus faire porter aux générations futures le poids de notre intempérance....
Mais soudain, on a l’oeil attiré par la deuxième ligne du tableau :
| 2009 | 2010 | 2011 | |
| Enseignement scolaire | 60,01 | 61,67 | 62,95 |
| dont pensions de retraités | 15,15 | 16,61 | 17,85 |
Ah la bonne blague ! Qui y avait pensé ?
Un quart du budget attribué à l’enseignement scolaire correspond aux pensions des enseignants retraités !
Si on soustrait ces pensions, on obtient les chiffres suivants :
| 2009 | 2010 | 2011 | |
| Enseignement scolaire | 60,01 | 61,67 | 62,95 |
| Hors les pensions de retraités | 44,86 | 45,06 | 45,10 |
Comment ce fait-il que personne, jamais ne précise que le quart du budget de l’Education Nationale est utilisée pour les pensions de retraites, et que la plus grande part de l’augmentation de ce budget est en fait destinée à ces pensions...
RESUMONS-NOUS :
Evolution de la dépense d’Education :
Les premiers graphiques qu’on trouve sur la question montrent une progression continue et inquiétante de ces dépenses, qui sont à peine ralenties par les réformes actuelles.
Mais :
Si on compte en euros constants, la dépense d’Education n’augmente plus depuis 2000.
Elle diminue par rapport à la richesse de la France.
Elle diminue plus vite et depuis plus longtemps que celle d’autres pays comparables, et se trouve actuellement dans la moyenne des dépenses d’Education de ces pays.
Est-ce que l’Education nous coûte effectivement trop cher ?
On peut trouver qu’une dépense annuelle de 121 Milliards d’euros par an est au-dessus de nos moyens.
Mais :
Si on tient compte uniquement de la part effectivement financée par le Ministère de l’Education Nationale, cette somme est presque divisée par deux 65,9 Milliards d’euros.
Dans ce budget de l’Education Nationale, si on prend uniquement en compte l’enseignement scolaire et universitaire (hors, par exemple, l’enseignement extra-scolaire), on arrive à 58 Milliards d’euros, en 2006...
Cette somme est revalorisée dans les budgets futurs, et amenée au montant de 60,01 Milliards d’euros en 2009, par exemple...
Mais on s’aperçoit alors qu’il convient encore de soustraire de ce budget le montant des pensions de retraites, et qu’on arrive alors au montant de 44,86 Milliards d’euros par an
à peine 1/3 de la somme trouvée au départ !
MISE EN PERSPECTIVE.
Comparaison avec d’autres budgets en cours :
La loi Tepa, dite aussi paquet fiscal :
Ce texte contenait une avalanche de cadeaux fiscaux à destination des ménages les plus aisés :
bouclier fiscal à 50 %,
déductions variées pour réduire l’ISF (impôt sur la fortune),
baisse des droits de succession,
augmentation extravagante des plafonds des donations,
déduction des intérêts d’emprunts…
Quand on les met bout à bout, les mesures fiscales représentent plus de la moitié du coût de la loi Tepa estimé entre 13 et 14 milliards d’euros en année pleine.
Source : libération.fr, le 2 janvier :
Les heures sup encouragées par la loi Tepa se portent bien.
Au troisième trimestre, elles se maintiennent quasiment à leur plus haut niveau depuis leur création, soit 182,7 millions.
Certes, le volume est très légèrement inférieur (- 0,3 %) à celui du deuxième trimestre, mais ce dernier avait déjà connu une augmentation de 5,5 % quand, sur la même période, la France entrait dans la crise en détruisant 27 000 emplois.
Gabriel Tahar, chercheur au Lirhe (1), à l’université de Toulouse, revient sur la pertinence de cette mesure.
Le reste de l’article ici :
La fraude fiscale : au moins 2,3 % du PIB
Source : Alternatives économiques, avril 2007 :
La fraude fiscale s’établirait en France entre 29 et 40 milliards d’euros. Une fourchette largement sous-estimée.
Le Conseil des prélèvements obligatoires a rendu son verdict début mars : le montant total de la fraude fiscale s’établirait en France dans une fourchette de 29 à 40 milliards d’euros, soit de 1,7% à 2,3% du produit intérieur brut. Une fourchette minimale car établie statistiquement à partir des cas avérés de fraude fiscale, qui ne représentent qu’une partie de la réalité.
Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) l’avait pour sa part estimée, en juillet dernier, entre 42 et 51 milliards d’euros.
La France apparaît très en retard dans la connaissance et dans l’analyse du phénomène : "les travaux sont beaucoup plus rares et leur valeur et leur portée scientifique beaucoup plus disparates" qu’à l’étranger, regrette le Conseil. Les autres pays de la zone euro sont logés à la même enseigne et il faut se tourner vers les Etats-Unis, le Royaume-Uni, ou la Suède ...
Le transfert des richesses des travailleurs vers le actionnaires :
9,3% du PIB.
Source : le monde Diplomatique de janvier 2008.
« La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse).
En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’ont pas de précédent dans les quarante-cinq dernières années. »
-
- D’où sont tirées ces lignes ?
- D’un texte de la Confédération générale du travail (CGT) ?
- Nullement : elles viennent d’un article de la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution qui réunit chaque mois, à Bâle (Suisse), les banquiers centraux afin de « coordonner les politiques monétaires » et d’« édicter des règles prudentielles ».
D’après le Fonds monétaire international (FMI), dans les pays membres du G7, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB) a baissé de 5,8 % entre 1983 et 2006.
D’après la Commission européenne, au sein de l’Europe cette fois, cette part a chuté de 8,6 %.
Et, en France, de 9,3 %.
On évalue ce transfert de richesses : le PIB de la France s’élève à près de 1 800 milliards d’euros.
« Donc il y a en gros 120 à 170 milliards d’euros qui ont ripé du travail vers le capital »
(On peut, sur le même sujet, écouter l’émission "Là-bas si j’y suis du 24 janvier 2008" : 9,3% : hold up géant
On peut passer les messages, qui datent un peu, et commencer au 4 ème onglet : 15h18-15h23...)
En résumé :
14 Milliards d’euros par an, c’est l’estimation du coût annuel de la loi TEPA.
29 à 40 Milliards, c’est la fourchette estimée de la fraude fiscale en France chaque année.
120 à 170 Milliards c’est l’estimation de la part de richesse qui a été transférée des travailleurs vers les actionnaires...
337,8 Millionsd’euros par an... C’est le traitement annuel des 13 500 enseignants en moins. Une économie dont une grande partie est effacée par les heures supplémentaires imposées aux enseignants en place.
10 Milliards d’euros : c’est le montant qui aurait été nécessaire au maintien des retraites, régimes spéciaux compris...
12 Milliards d’euros : c’est le montant du "trou de la sécu"...
On pourrait également s’intéresser aux coût des cadeaux faits aux banques et aux entreprises pour pallier à la crise, et cela, si je me souviens bien, sans aucune contre partie... Mais à d’autres de me trouver ça, avec référence et de m’envoyer l’info...
A noter que le maintien des postes dans la fonction publique pourrait également, pour un coût somme toute modique, amortir les problèmes de chômage, liés à la crise...
Mais non...
« A quoi servirait de maintenir 30 000 emplois publics par an quand 100 000 emplois privés disparaissent chaque trimestre », souligne ce conseiller de l’Elysée ? C’est vrai quoi, quand le chômage augmente, il est urgent de supprimer des emplois !
Le reste de l’article ici :
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